Economie

Kwango : près de trois mois sans salaire, les agents de l’État plongés dans une crise silencieuse

La tension monte dans la province du Kwango, où de nombreux agents de l’État dénoncent l’absence de paiement de leurs salaires depuis près de trois mois. Dans cette partie du pays déjà confrontée à de multiples défis socio-économiques, la situation prend une tournure alarmante, exposant davantage les travailleurs publics à une précarité grandissante.

À Kenge, chef-lieu de la province, comme dans les territoires environnants, le constat est le même : des fonctionnaires livrés à eux-mêmes, sans revenus réguliers pour subvenir aux besoins de leurs familles. Enseignants, infirmiers, agents administratifs… tous expriment un profond désarroi face à ce qu’ils qualifient d’« abandon ». « Nous ne savons plus à qui nous adresser. Cela fait des mois que nous travaillons sans être payés », témoigne un agent du secteur éducatif.

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Les conséquences sont visibles et immédiates. Certains agents peinent à assurer leur alimentation quotidienne, d’autres sont contraints de s’endetter ou de suspendre la scolarité de leurs enfants. Dans les structures de santé, des professionnels continuent de prester malgré des conditions devenues extrêmement difficiles, mettant en péril leur propre bien-être.

Au-delà des drames individuels, cette situation impacte directement la qualité des services publics dans la province. Le manque de motivation, combiné à une fatigue psychologique croissante, affecte le rendement des agents. Dans certains cas, des absences répétées sont signalées, fragilisant davantage des secteurs déjà vulnérables comme l’éducation et la santé.

Face à cette crise, le silence des autorités compétentes suscite incompréhension et frustration. Les agents appellent à une réaction urgente du gouvernement central ainsi que des instances provinciales. Pour eux, il ne s’agit pas seulement d’une question administrative, mais d’un enjeu de dignité et de survie.

Plusieurs observateurs locaux pointent du doigt des dysfonctionnements dans le circuit de paie, évoquant notamment des retards de décaissement, des problèmes de gestion ou encore un manque de suivi rigoureux. Toutefois, en l’absence de communication officielle claire, les inquiétudes ne cessent de grandir.

Dans une province comme le Kwango, où les opportunités économiques sont limitées, le salaire des agents publics constitue souvent la principale source de revenus pour de nombreuses familles. Son interruption prolongée risque d’aggraver la pauvreté et d’alimenter des tensions sociales latentes.

Il devient donc impératif que des mesures concrètes soient prises dans les plus brefs délais. La régularisation des salaires, accompagnée d’une clarification sur les causes de ces retards, apparaît comme une priorité absolue. Une mission de terrain des autorités nationales pourrait également permettre de mieux cerner l’ampleur du problème et d’y apporter des solutions adaptées.

En attendant, les agents de l’État du Kwango continuent de faire preuve de résilience, malgré une situation de plus en plus difficile. Mais jusqu’à quand ? La question reste posée, et l’urgence d’y répondre ne fait plus aucun doute.

Diallo MWAMBA

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